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Published in: L'as-tu vu?

RÉALITÉ de Quentin Dupieux

By admin

Un Quentin made in France pour certains, une vacuité abyssale pour d’autres… Réalité le dernier film de Quentin Dupieux, n’aura en tout cas laissé personne indifférent. Avec un casting plutôt alléchant : Alain Chabat dans le rôle d’un réalisateur en herbe, Jonathan Lambert en producteur égocentrique et Élodie Bouchez dans un rôle assez freudien… Ce huitième film (voyez vous donc!) reste fidèle au style de « Mr. Oizo » : absurde mais malin. Sorti en février 2015, le projet était initialement prévu en 2008. Malgré les nombreuses embûches qui ont retardé le tournage ; un Chabat indisponible et un budget réduit ; Dupieux nous offre une critique tout à fait décalée de cette quête à l’Oscar, si chère à certains réalisateurs.

L’histoire paraît simple sur le papier : Jason Tantra, un petit cameraman cherche à faire aboutir son projet de film SF/gore en le présentant à un fameux producteur, Bob Marshall. Ce dernier lui demande un « cri », un « gémissement » qui lui vaudra un Oscar. Absorbé par la recherche de ce bruit, Jason ne distinguera ni le rêve, ni la réalité. Cette intrigue nous absorbe tout autant à travers un monde brutal, sans émotion ni sentiment.

Plusieurs détails peuvent (ou doivent) interpeller le spectateur durant ce film : Alice Tantra, la femme de Jason Tantra (interprétée par Élodie Bouchez) a pour métier d’interpréter les rêves… Tandis que Reality (réalité en anglais), interprétée par Kyla Kenedy, une petite fille banale américaine, cherche à tout prix à montrer la vérité. Un parallèle vertigineux qui pourrait rappeler une certaine œuvre de Gustave Flaubert… Là est tout l’art cinématographique de Dupieux : laisser libre court à l’imagination, à l’interprétation.

Bien qu’elle ne soit pas omniprésente, la musique est au centre de toutes les attentions dans l’œuvre de Quentin Dupieux. Tout d’abord dans le projet de Jason, qui cherchera ce bruit inlassablement. Mais aussi cette musique lancinante et répétitive (les cinq premières minutes de Music with changing parts de Philip Glass seront répétées tout le long du film) qui renforcera cette joyeuse mise en abîme, et qu’on peut aussi prendre comme une référence à certaines BO de films d’horreur… D’ailleurs, ce ne sera pas la seule référence que Quentin se permettra! Ce serait mal le connaître. « Waves » le projet de film de Jason, rappelle vaguement le Vidéodrome de Cronenberg (1983).

Ce cinéma, n’en déplaise à Freud, se construit grandement autour de l’inconscient, du rêve et du cauchemar. Ne vous étonnez pas si vous êtes envahi par l’incompréhension face à ce film, c’est toute la force de son réalisateur. Un nouveau nom dans le cinéma français, retenez bien notre Quentin national qui n’a pas fini de faire parler de lui et de ses films qui partagent chaque spectateur entre confusion et profonde remise en question.

Marie Gaches, TL1.

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