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Published in: Portrait

Le temps d’une année (1ère partie)

By admin

Durant une année, Anouk Taconet a eu l’opportunité de faire un petit tour du monde à bord d’un camping-car, entièrement conçu par son père ! Vous avez probablement croisé cette jolie blonde aux yeux bleus de Terminale S, dans l’enceinte de notre cher Saint Ex’ sans même vous douter de son incroyable périple. J’ai rencontré cette jeune fille qui a eu la chance de vivre une année extrascolaire hors du commun, à côtoyer la diversité des cultures.

A peine âgée de 15 ans, alors que nous autres préparions l’entrée en seconde – pleins d’espoirs par cette nouveauté qu’était le lycée – Anouk faisait ses valises vers des terres inconnues. En ce 25 août 2015, il n’était pas aisé pour elle de quitter ses amis après un été auprès d’eux, sur les vagues de l’Île de Ré. Cette mordue de surf n’en était pourtant pas moins excitée à l’idée de réaliser ce voyage, qui allait devenir une expérience pleine de rencontres et de souvenirs. Avant ce long trajet, elle avait déjà voyagé mais seulement sur des périodes de deux à trois semaines. Accompagnée de ses parents, de sa petite sœur et de son petit frère, c’est dans un mélange d’appréhension et d’excitation qu’Anouk partait.

Les premiers pays qu’elle a visités ne la « dépaysent pas » : l’Italie où elle séjourne chez des cousins, puis la Grèce où elle dit y ressentir la crise et la pauvreté. Ce premier mois a été dur, tant par l’absence de ses proches que par l’impossibilité d’exercer sa passion : le surf. Heureusement que la nourriture était à la hauteur de son espérance précise notre aventurière !

Monastères des météores, Grece
le Monastère des Météores -Grèce

Son arrivée en Turquie marque un tournant décisif dans son voyage, une véritable « révélation » me confie-t-elle. Il lui suffit alors de trois jours pour tomber amoureuse d’Istanbul et de ses richesses. Le dépaysement qu’elle attendait tant est enfin arrivé, ce pays réveille en elle cette fameuse soif de découverte. Marquée par cette endroit, Anouk énonce des événements récents comme l’attentat du 12 janvier qui la touche particulièrement puisqu’elle a vu ces places, les personnes qui y déambulaient. Elle cite Éphèse et ses vestiges romains ou encore Antalya et ses habitants inattendus… des dromadaires ! « Présents pour attirer les touristes, leur donner un parfum d’Orient » ironise-t-elle, puisque ces derniers ne sont généralement pas présents en Turquie.

La beauté de ces ailleurs s’accompagne de rencontres humaines parfois insolites, comme ce professeur de français turc qui les a invités à rester une semaine chez un ami ou encore cette famille française – partie dans la même optique qu’eux – avec qui ils ont réalisé un bout de chemin. Le sourire aux lèvres, elle évoque également une plage et trois filles qui se baignaient. L’une d’elles portaient la burqa, l’autre était en maillot, la dernière en débardeur et short. Trois jeunes filles, trois amies. Anouk me fait alors part de son ressenti sur la tolérance à l’égard de la religion en Turquie.

Tolérance, Bozyazi – Sud Turquie

Cette image restera pour elle le symbole que différentes pratiques religieuses peuvent coexister.

Le 25 octobre, cette incroyable famille se dirige alors vers l’est de la Turquie afin d’arriver dans les quelques jours qui suivent en Iran. Dans le désert, plus aucun lien avec l’Occident ne les raccroche à leurs racines. « A partir de ce moment, je commençais à réaliser que j’allais vraiment être en immersion totale dans d’autres lieux et d’autres cultures ». Elle ne peut s’empêcher d’évoquer cette famille qui les ont invités : « ils sont vraiment hospitaliers, nous avions l’impression d’être de leur propre famille – c’était incroyable ».

Chez le maire du village

Accueil par Mustapha – le maire d’un village à l’est de la Turquie. De droite à gauche : la mère d’Anouk, la mère et sa fille de la famille française qu’il ont rencontrée, Anouk en personne, le père de cette famille, le fils du maire devant sa mère, le maire – derrière ses deux filles, le frère et la sœur d’Anouk.

Malgré ce cadre idéal, Anouk a été obligée de suivre un enseignement afin de pouvoir accéder à la classe supérieure l’année suivante. Le CNED a été son meilleur outil bien que toute sa famille ait été bloquée cinq jours durant en Turquie, à attendre les manuels. Honnête, Anouk confesse n’avoir pas travaillé quotidiennement, de manière assidue… (si vous êtes professeur et que vous lisez cet article, je m’en réfère à votre compréhension!)

Pour clôturer ce mois déjà riche en découverte, Anouk me raconte l’histoire d’une autre famille, kurde, vivant dans les hautes montagnes. « Voir ce petit village de trois maisons, exprime-t-elle, était saisissant et touchant ».
La réalité de leur quotidien, éloignés de notre confort occidental, l’a bouleversée. Elle ne pourra jamais oublier les larmes de cette kurde, lorsqu’elle appris le prénom de notre jolie blonde – lui rappelant un membre disparu de sa famille. Ce qui semble être pour nous généralement de lointains conflits, parfois flous, quelque part au Moyen-Orient, prend tout son sens pour Anouk. La rencontre avec ces kurdes lui fait souvent écho, « ces personnes ne sont plus de simples noms ».

Quelques kilomètres plus tard et notre conquistador des temps modernes se retrouvera en Iran. Découvrez prochainement la suite de ses aventures en Iran mais aussi aux Émirats Arabes Unis, en Oman, en Inde et dans tant d’autres pays.

Louise Audoux, Terminale

L’Extra – le journal du lycée Saint Exupéry

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