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Published in: Portrait

Le temps d’une année (2ème partie)

By admin

L’attente a été pénible, intolérable voir insoutenable ? Retrouvez le sourire, la suite de mon entretien avec la seule et l’unique Anouk Taconet est sous vos yeux ! Entre les rencontres inattendues mais familières et les paysages toujours aussi spectaculaires que magiques, cette jeune élève de Terminale S me dévoile les moments forts qui ont ponctué cette année extra-scolaire hors du commun à découvrir une partie des richesses de ce monde.

Après avoir entrevu l’Italie et ses vestiges, la Grèce et ses merveilles, la Turquie et ses charmes, notre blondinette alors à peine âgée de 15 ans se retrouvait à la frontière de l’Iran.

A leur arrivée, des militaires à l’air sérieux les questionnaient : « Transportez-vous de l’alcool ? Nous allons regarder à l’intérieur de votre camping-car. » Mais la curiosité dans leurs regards trahissait la sévérité de leurs visages. Sans véritablement fouiller, ils adoptèrent une attitude de sympathie envers la famille. Puis naturellement, Anouk et sa mère appliquèrent respectueusement les règles du pays et se voilèrent.
Procédure administrative oblige, Anouk et les siens sont restés une journée durant au poste de frontière. Pensive, elle tente alors de me décrire précisément cette « ambiance de frontière » qui la passionne particulièrement : « Il y avait du monde partout, une horde de personnes aux situations différentes qui attendaient. Présentes pour la même raison, rentrer dans le pays, il était aisé de distinguer les marchands des familles presque dissimulées sous leur tonne de valises. Nous devions probablement leur ressembler » relate-t-elle le sourire aux lèvres. Cette effervescence si atypique, encouragée par la foule habitée de cris et de rires, fascine notre aventurière qui me confie adorer ces fameux postes de frontières. Contrôle des papiers d’identités, prises d’empreintes pour éviter toutes corruptions et en avant la cavalerie !

L’Iran et ses magnifiques paysages sont la promesse d’un mois riche en découvertes et en rencontres. Cette sensation de liberté que peut ressentir cette famille qui erre au gré de leurs envies, apparaît comme une chance inestimable pour les férus de voyage ou les simples rêveurs. D’autres en font eux aussi l’expérience, comme cet homme simple, avec pour seul fardeau son sac à dos. Pas de destination, pas de plan, un simple « oui » comme réponse infinie. « Je vais où l’on me dit d’aller », expliquait humblement le polonais. Tel était sa philosophie de vie. Sur la route, cette rencontre touche particulièrement notre jeune aventurière. Après tout, pourquoi ne pas laisser le destin nous guider un peu ?

Photo de puits en Iran

A peine arrivés dans le premier village, que les habitants les accueillaient déjà. « Notre apparition était pour eux, l’opportunité de nous inviter à dîner ». C’est dans une petite ferme, dans un modeste habitat, que la famille appréciait la soupe, les habits de fêtes portés par les femmes et les sourires marqués. Une fois de plus, Anouk sentait cette atmosphère naturelle et familiale qui les entouraient. « Tout au long de mon voyage, exprime t-elle avec un sourire nostalgique, j’ai fait de si belles rencontres ». Des hommes, des femmes, des visages qui resteront à jamais gravés en elle. Du partage à l’état pur.

Rencontre avec des iraniens

La splendeur des villes telles que Chiraz et Isfahan ou encore la grandeur de Persépolis, n’en finissent pas d’émerveiller Anouk. L’hospitalité des habitants va parfois jusqu’à créer une sorte de « rivalité amicale » entre les voisins qui souhaitent accueillir la famille. Pendant que certains vont jusqu’à détruire leurs portails pour permettre l’accès à leur jardin, d’autre se portent volontaires et prennent des jours de congés (comme ce professeur d’anglais) pour faire visiter la région. Elle me décrit alors, la plage où les femmes et les hommes se baignent dans des zones délimitées différentes. Mais ce respect sacré de la religion n’empêche pas les iraniens de tourner en dérision, au moment venu, la maladresse de son père lors de son approche instinctive vers une femme pour la saluer. Les codes culturels : un réel apprentissage ! Un enseignement qui débute lors de longues discussions avec des Iraniens, assis sur des coussins dans une maison de thé ou sur un pont illuminé au milieu de la ville. La plupart des Iraniens étant cultivés et parlant l’anglais couramment, ce qui permit divers échanges sur la religion, le gouvernement ou encore la philosophie.


Malgré une immersion parfois difficile ou déconcertante, l’important pour Anouk est de « ne pas comparer les autres cultures – quelles qu’elles soient – avec nos habitudes occidentales, d’avoir un regard neutre, sans préjugés » (ce petit conseil ressemble à une devise pour le parfait aventurier).

Une nuit plus tard et toute la famille se retrouvait dans la première ville des Émirats Arabes Unis : Dubaï.
Après un mois à vivre dans ce vaste espace aride qu’est l’Iran, sans réel contact avec des étrangers, Anouk se sent déroutée par l’aspect cosmopolite de ce nouvel environnement qui s’offre à elle. « Dubaï est l’exemple par excellence de la débauche de la richesse, affirme t-elle, étais-je dans le vrai monde ? » Une réalité troublante s’impose à elle : entre comportements raciaux et opulence, certaines femmes, vivant dans le luxe, vont jusqu’à exprimer verbalement leur volonté de ne pas vouloir bronzer par peur de ressembler à leurs domestiques. Dégoûtée par ces mentalités et fatiguée d’entendre de telles réflexions, Anouk me révèle préférer le contact avec les travailleurs immigrés œuvrant continuellement pour nourrir leur famille mais qui n’ont pas le temps de rentrer dans leur pays.
Au détour de la multitude de yachts, de l’immensité des buildings et de l’ampleur des fontaines, notre famille a rencontré deux français. S’enchaînent alors d’excellents moments dans le désert où règnent danse et feu de joie ou encore des virées sulfureuses en 4×4 sur la « Sheikh Zayed » road (autoroute à six voies de chaque côté).

Petit point guide du routard : « Le spectacle des fontaines est fabuleux, c’est vraiment une chose à voir dans sa vie si l’opportunité se présente ».

Fontaines

Mais cet incroyable périple ne s’arrête pas là, Anouk et sa famille s’envolent vers l’Inde. Un véritable « coup de poing » m’annonce-t-elle, un choc culturel. « Imaginez, du monde, partout, dans tous les sens, des rues entières qui vivent au rythme des klaxons et vous serez en Inde ».


Installés dans une maison d’hôte le temps de leur séjour, une fois de plus la famille ne manquait pas de se faire apprécier par la population locale qui les accueillirent naturellement et chaleureusement.

Des semaines durant, ils apprécièrent leur petite vie, aux allures sédentaires. « Le nouvel an en Inde est pour moi, un souvenir impérissable, me confie-t-elle le regard emplit de joie, en partie grâce à Baboo ». Cette nouvelle connaissance et future amitié, l’a embarqué toute une journée à bord de sa mobylette. Au programme : tailleur et mise en beauté chez la sœur de Baboo, assise au milieu des femmes de la famille à regarder un « Bollywood » sur la petite télé. Après avoir fait trois fois le tour de la ville à une vitesse défiant les lois de la gravité (la conduite aussi est culturelle) et après avoir vu sa vie défilée, Anouk avait son sari de prêt pour la fête qui se tenait le soir marquée par les feux d’artifices tirés sur les toits.

Pondichéry, ancien comptoir portuaire ou encore Persepolis charme notre aventurière. Après s’être attardée sur les odeurs du marché et les magnifiques temples aux statues colorées, en route à la découverte d’autres contrées d’Asie (Sri Lanka, Singapour, Malaisie, Thaïlande, Cambodge, Laos), Nouvelle Zélande et Australie.

Louise Audoux

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